Peu à peu, elle se rend compte qu'en fait, elle fonctionne de la même manière que les autres, obstinément. Un cercle de potes, mais en vérité personne n'irait visiter celui qui se ferait choper en taule. Trop la loose de ne pas sortir un samedi soir. Ils se réunissent, toujours dans des endroits pourris. Et ils viennent tous dans le même but : se défoncer, par derrière, par devant, par le nez, par la bouche. Se défoncer dans tous les sens. Des jeunes.
Pour une fois, elle est là assise, et elle n'arrive pas à scotcher son sourire sur sa tronche. Encore une vieille fête dans le vieil appart' d'un connard dont elle ne se souvient même pas le prénom ; on le lui a dit, mais non, elle ne s'en souvient pas. Et elle est là, là et encore là, elle ne sait même plus se demander pourquoi, elle est juste là, encore en train de fumer du hasch l'air pénétré.
C'est fou, le tour de banalité que prennent ces soirées, à répéter sans arrêt les mêmes choses. Il y a toujours les mêmes personnes, du moins les mêmes schémas. Le con qui a la dope, le groupe de nanas, et la "pétasse", celle qui est blonde, qui porte de hauts talons et qui, à un moment on un autre de la soirée, sera bourrée à force d'être resservie par des puceaux en chaleur. Et elle ira s'exiler dans une chambre toute froide avec un anonyme, comme elle a fait dans les soirées précédentes, et comme elle fera dans les suivantes. Elle rentrera ensuite chez elle le lendemain matin, la gueule de bois et l'impression de s'être salie un peu plus, comme elle aime tant. Et elle reviendra la semaine suivante se prostituer pour des prunes. Puisqu'elle ne sait faire que ça. Du moins, elle le pense ardemment_